A Anizy-le-Château, comme à Pinon, il y quelques dizaine d'années, quand on demandait à quelqu'un où il travaillait, il y avait de grandes chances qu'il vous réponde "à l'usine" ou "à Prémontré".
Prémontré, c'était l'hôpital psychiatrique. On dit maintenant EPSMD (établissement public de santé mentale départemental). Cet hôpital est installé dans l'ancienne abbaye des Prémontrés.
Un peu d'histoire : Situé dans l’Aisne, à une vingtaine de kilomètres de Laon, le siège de l’Établissement Public de Santé Mentale Départemental de l’Aisne sis à Prémontré est installé au sein d’une ancienne abbaye. Après avoir connu bien des transformations, ses majestueux bâtiments et son magnifique jardin ont vocation depuis 1867 à accueillir des patients atteints de troubles psychiatriques.
900 ans d'histoire
Une Abbaye
Au XIIe siècle, l’emplacement de PRÉMONTRÉ était un lieu
désert et sauvage qui fut donné par l’Évêque de LAON, Barthélemy de Vir à
Saint-Norbert de Xanten pour y fonder une communauté de religieux qui
prirent le nom de Norbertins ou de Prémontrés.
La charte de fondation est de l’année 1120. La première église dont
quelques vestiges existaient encore il y a peu d’années fut consacrée le
28 avril 1122 par l’Évêque BARTHÉLEMY DE LISIARD, Évêque de SOISSONS,
en l’honneur de Notre Dame et de Saint-Jean-Baptiste.
Les premiers religieux firent profession le jour de Noël 1121. Leur
règle et leur vie étaient d’une très grande austérité, mais peu à peu la
règle perdit de ses rigueurs et une réforme de l’Ordre devient
nécessaire au XVIIe siècle. Elle se fit en 1618 par les soins du Révérend Père LAIRUELZ, Abbé de Pont-à-Mousson.
Une Verrerie
Les bâtiments de l’Abbaye dont les religieux avaient été dépouillés au moment de la Révolution devinrent en 1795 la propriété du Sieur GAGNON qui l’acheta avec toutes ses dépendances, terres, bois, étangs.
L’acquéreur était obligé vis à vis de l’État d’y établir au moins pendant dix ans, une verrerie et une fabrique de salpêtre et de potasse. Son premier soin fut d’arracher les ferrements des constructions, les plombs des toitures, les grilles en fer des cours et des jardins, etc... Il réalisa ainsi immédiatement une somme importante et la vente d’une partie des bois lui permit de couvrir la totalité du prix de l’acquisition.
L’Abbaye fut ensuite cédée à MM. DESMOULINS et MORENVAL qui la revendirent le 10 septembre 1802 à M. DEVIOLAINE.
Les fils de ce dernier, après avoir ajouté en 1830, à la fabrication des bouteilles, celles des verres à vitres et un peu plus tard celle des glaces, transportèrent en 1843 leurs établissements à VAUXROT, près de Soissons, et vendirent à l’administration des Glaces de SAINT-GOBAIN, l’Abbaye de PRÉMONTRÉ alors inoccupée.
Un Orphelinat
Mgr de GARSIGNIES, Évêque de SOISSONS, l’acheta en 1855 pour y créer un orphelinat agricole destiné aux enfants pauvres du nord de la France. Il fit restaurer une partie des bâtiments et, dès le 17 octobre de la même année, il y installa un grand nombre d’orphelins sous les soins des Sœurs de la Sagesse de Saint-Laurent de Sèvres et de cinq religieux de l’Ordre de PRÉMONTRÉ.
Les ressources du nouvel orphelinat ne furent pas suffisantes et après la mort de Mgr de GARSIGNIES survenue en 1860, son successeur Mgr CHRISTOPHE, désespérant de pouvoir continuer l’œuvre commencée, dut renvoyer les orphelins au mois de juillet 1861 et céder l’Abbaye au Département en 1862.
Un établissement de santé
En 1862, l’abbaye fut vendue au Département. Le Conseil Général de l’Aisne décida d’y installer un hôpital psychiatrique en 1867 pour répondre aux dispositions de la loi sur les aliénations mentales alors en vigueur.
L'usine, c'était Schwartz-Hautmont, une usine métallurgique
En 1919, Albert Schwartz (1861-1930), ingénieur des Arts et Métiers, ainsi que Lyon Lévy (1862-1940), ingénieur civil, associent à leur entreprise de construction métallique Schwartz, Meurer et Bergeotte, les Forges et Fonderies d’Hautmont. Nouvellement dénommée Ateliers de construction Schwartz-Hautmont, la société se spécialise dans l’industrie d’art, de construction de serres et de châssis. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l’entreprise développe plusieurs filiales, dont celle des composants et assemblages Schwartz-Hautmont (CASH). Malgré la diversification de ses activités, l’entreprise est liquidée en 1977.
D'autres entreprises se sont succédé dans les locaux délaissés. Parmi elles, Alcan, Sitraco, et en dernier lieu, Rinaldi Structal.
A proximité de cette usine, s'est créée récemment une petite entreprise de construction de véhicules de loisirs. La production est modeste : 5 véhicules par mois.
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| L'Aisne nouvelle du 22 novembre 2022 |
Souhaitons que cet atelier devienne une usine, une vraie.

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