Publié: 13 avril 2013 à 10h00
Le portrait du samedi :
Jeannine Gasser,
toujours au service des autres
Gérante bénévole de l'épicerie sociale de Pinon, qu'elle a fondée en 1995, Jeannine Gasser aide en ce moment une soixantaine de familles en difficulté.
ELLE ne s'est pas fait prier. Quand, en 1992, on la sollicite pour
s'associer, sous l'égide du Secours catholique, aux initiatives visant à
apporter aide et soutien à tous ceux que la vie ne gâte pas, Jeannine
Gasser n'hésite pas une seconde.
Licenciée du cabinet de géomètre dans lequel elle était dessinatrice,
elle s'engage bénévolement dans la gestion et la distribution de bons
d'alimentation sur son secteur. « Une pratique dont la dimension humaine
et le caractère solidaire ne m'échappent pas mais que je trouve plutôt
humiliante pour celle ou celui qui va convertir son bon en public dans
une grande surface ». Germe dans sa tête l'idée d'un lieu qui
permettrait aux ayants droit à une aide alimentaire, de faire eux-mêmes
le choix de leurs provisions dans un espace dédié, fraternel et
respectueux des sensibilités. « On dépasserait le rôle de simple
fournisseur et favoriserait le dialogue toujours porteur d'une meilleure
connaissance de l'autre. »
Crédit d'un mois
L'épicerie sociale était née. Au moins conceptuellement. Elle verra
concrètement le jour en 1995, bien entendu sous la responsabilité de
Jeannine qui n'a ménagé personne, à commencer par elle-même, pour faire
avancer et aboutir son projet. Le conseiller général et maire de Pinon
de l'époque en sait quelque chose. « Je suis allée voir Daniel Counot
qui a été fort attentif à mes propos, qui a su convaincre ses collègues
élus du bien-fondé de ma démarche et pu trouver sur son territoire les
murs qui allaient devenir La Passerelle.
L'ancien vestiaire du stade, réhabilité et sécurisé, ferait l'affaire. «
Depuis près de vingt ans, beaucoup de nos concitoyens sont passés par
La Passerelle. Sur l'autre rive, ils n'ont pas toujours trouvé une
amélioration définitive de leur situation mais pour y accéder, ils ont
pu traverser quelques moments de chaleur humaine et de réconfort. »
Seulement, les rayons de l'épicerie, il faut les remplir. Les denrées
non périssables, les surgelés y occupent la plus large place. Ces
produits viennent parfois de dons, mais le plus souvent d'achats que
permettent les diverses subventions du Secours catholique et des
collectivités, telle celle de Pinon.
Particuliers et grandes surfaces locales savent aussi se montrer
généreux. Chaque visiteur, préalablement identifié, dispose d'un crédit
d'un mois au cours duquel il a une autorisation de dépense hebdomadaire
de 15 euros sur laquelle il prend obligatoirement une modeste
participation à sa charge. Un crédit d'un mois supplémentaire est
parfois nécessaire pour que soit dépassé le cap difficile, rarement
plus.
Jeannine Gasser n'est pas
seule dans cette action. Néanmoins, à plus de quatre-vingts ans, elle ne
refuserait pas la présence active de quelques bénévoles
supplémentaires.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire