vendredi 26 janvier 2024

Tantine, la soeur de votre grand-mère paternelle

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Publié: 13 avril 2013 à 10h00

Le portrait du samedi :

Jeannine Gasser, 

toujours au service des autres

Gérante bénévole de l'épicerie sociale de Pinon, qu'elle a fondée en 1995, Jeannine Gasser aide en ce moment une soixantaine de familles en difficulté.


ELLE ne s'est pas fait prier. Quand, en 1992, on la sollicite pour s'associer, sous l'égide du Secours catholique, aux initiatives visant à apporter aide et soutien à tous ceux que la vie ne gâte pas, Jeannine Gasser n'hésite pas une seconde.
Licenciée du cabinet de géomètre dans lequel elle était dessinatrice, elle s'engage bénévolement dans la gestion et la distribution de bons d'alimentation sur son secteur. « Une pratique dont la dimension humaine et le caractère solidaire ne m'échappent pas mais que je trouve plutôt humiliante pour celle ou celui qui va convertir son bon en public dans une grande surface ». Germe dans sa tête l'idée d'un lieu qui permettrait aux ayants droit à une aide alimentaire, de faire eux-mêmes le choix de leurs provisions dans un espace dédié, fraternel et respectueux des sensibilités. « On dépasserait le rôle de simple fournisseur et favoriserait le dialogue toujours porteur d'une meilleure connaissance de l'autre. »
Crédit d'un mois
L'épicerie sociale était née. Au moins conceptuellement. Elle verra concrètement le jour en 1995, bien entendu sous la responsabilité de Jeannine qui n'a ménagé personne, à commencer par elle-même, pour faire avancer et aboutir son projet. Le conseiller général et maire de Pinon de l'époque en sait quelque chose. « Je suis allée voir Daniel Counot qui a été fort attentif à mes propos, qui a su convaincre ses collègues élus du bien-fondé de ma démarche et pu trouver sur son territoire les murs qui allaient devenir La Passerelle.
L'ancien vestiaire du stade, réhabilité et sécurisé, ferait l'affaire. « Depuis près de vingt ans, beaucoup de nos concitoyens sont passés par La Passerelle. Sur l'autre rive, ils n'ont pas toujours trouvé une amélioration définitive de leur situation mais pour y accéder, ils ont pu traverser quelques moments de chaleur humaine et de réconfort. »
Seulement, les rayons de l'épicerie, il faut les remplir. Les denrées non périssables, les surgelés y occupent la plus large place. Ces produits viennent parfois de dons, mais le plus souvent d'achats que permettent les diverses subventions du Secours catholique et des collectivités, telle celle de Pinon.
Particuliers et grandes surfaces locales savent aussi se montrer généreux. Chaque visiteur, préalablement identifié, dispose d'un crédit d'un mois au cours duquel il a une autorisation de dépense hebdomadaire de 15 euros sur laquelle il prend obligatoirement une modeste participation à sa charge. Un crédit d'un mois supplémentaire est parfois nécessaire pour que soit dépassé le cap difficile, rarement plus.
Jeannine Gasser n'est pas seule dans cette action. Néanmoins, à plus de quatre-vingts ans, elle ne refuserait pas la présence active de quelques bénévoles supplémentaires.

 

 

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