lundi 7 octobre 2019

Coulombs-en-Valois

C'est un village du 77. Non...
.....de Seine-et-Marne, c'est plus parlant.

Je ne l'ai pas choisi au hasard. Bien sûr, plusieurs de vos aïeux y ont vécu. L'un d'eux, peut-être deux, y furent maîtres d'école.

Quand je vous aurai dit que cette bourgade a pour voisine les communes de Brumetz, Gandelu et Montigny-l'Allier, vous aurez tout de suite compris qu'il s'agit d'un des villages des ancêtres de votre grand-père de Chambry.


Fond de carte Wikipedia
Le maître d'école, Georges Ribert, votre aïeul, enseignait à Colombs du temps de Louis XIV, dans les années 1700.
Les archives de la commune et les archives départementales sont assez riches pour nous faire une petite idée de ce que fut la vie de ce maître d'école.

SA GÉNÉALOGIE

Sa naissance : On situe sa naissance vers 1675 et il n'a, en 2019, pas d'ascendant connu sur le site Généanet.

Son mariage : Il s'est marié le 27 janvier 1698 à Coulombs avec Margueritte Berrurier.


Archives départementales de Seine-et-Marne

Le registre des baptêmes, mariages et sépultures est endommagé et il est difficile de déchiffrer une partie du texte....
.... mais le site des archives départementales de Seine-et-Marne met aussi en ligne le 2ème exemplaire de ce registre, beaucoup plus lisible. 


Archives départementales de Seine-et-Marne
Mariage 
Le vingt septième du mois de janvier ont été mariés par moy vicaire du lieu Georges Ribert et Margueritte Berrurier après la publication des bans et fiançailles faites en présence de leurs parents et amis qui ont signé cy dessous.
(G Gilbert G Ribert M Berrurier)

Ses enfants : Ils ont donc une fille Marguerite née le 16 décembre 1699. Elle n'est pas la seule enfant. D'autres amateurs de généalogie en citent d'autres : leur ancêtre et un ou deux autres trouvés au hasard de leurs recherches.
Toutefois, Chrystel Augry, dont j'ai déjà utilisé les résultats, en dénombre 12

Généalogie de Chrystel Augry sur Geneanet

mais ne cite pas Margueritte. 

Georges et Margueritte auraient eu pas moins de 13 enfants dont 4, au minimum, seraient morts en bas-âge.

Son décès : Décédé le 3 décembre 1728, Georges Ribert est inhumé le lendemain, toujours à Coulombs.

Archives départementales de Seine-et-Marne
Transcription de Chrystel Augry :
Le quatrieme jour de decembre a eté enterré par moy curé
soussigné dans la nef de cette eglise le corps de Georges Ribert
m.e d ecoles et notaire qui deceda hier apres avoir reçu les
sacrements agé de cinquante trois ans* et ont signe le present acte ses fils beau freres et
parents
(Signent : N.as Gaillard - (Le Cocq) - Chevaucheur - C Gaillard - Jean Ribert - Nicolas Boudeville - Minouflet - Nicolas Baptiste)


[Il est mentionné comme maître d'école et notaire à son décès mais il ne figure pas dans le dictionnaire des notaires de Seine-et-Marne qui répertorie par ordre alphabétique l’ensemble des producteurs d’actes notariés (notaires, substituts et commis) ayant été recensés.]

11 générations se succèdent ainsi de Georges Riquet jusqu'à Hélène, Nicolas et Charlotte.

L'ENSEIGNEMENT VERS 1700 
d'après le guide chrono-thématique "Contexte" de Thierry Sabot  
Extrait de l'ordonnance royale sur l'obligation scolaire en 1698 

"Voulons que l'on établisse autant qu'il sera possible des maîtres et maîtresses dans toutes les paroisses où il n'y en a point pour instruire tous les enfants."

Les enseignants sont contrôlés par les curés et leur charge salariale est aux frais des habitants. L'école est en théorie obligatoire jusqu'à 14 ans. Souvent auxiliaire du curé, le maître assure le service de l'école, de la paroisse et de la communauté. Il enseigne la lecture, l'écriture, l'arithmétique et le catéchisme. Selon Benoît Garnot, "les petites écoles ont pour devoir de former de bon chrétiens, obéissants, respectueux et travailleurs". L'édit restera sans réel effet, seules quelques paroisses se sont pourvues d'une école. 
A Coulombs, la maison d'école date de 1629.

SA VIE A COULOMBS

Comme dans de nombreuses communes, les instituteurs ont commis une monographie à la fin du 19ème siècle. Celle de Coulombs est achevée et signée de Monsieur Rainsart, instituteur le 15 décembre 1888. Elle est conservée aux archives départementales de Seine-et-Marne et consultable en ligne. Tous les renseignements écrits ci-dessous en vert sont extraits de cet opuscule.

 Le village de Coulombs

La présence de nombreux pigeons est peut-être à l'origine du nom de ce bourg.
Rainsart, le maître d'école, n'en dit pas beaucoup sur la fin du XVIIème et le début du XVIIIème siècle.  Tout juste, dit-il que lorsque "Henri IV commença à régner, la paroisse de Coulombs n'avait guerre plus de 30 feux, elle s'est relevée peu à peu .... au début de la Révolution, il y avait 60 feux.".
Le nombre de personnes correspondant à un feu étant variable d'une région à l'autre, d'une période à l'autre, il est difficile d'en dire plus. De 90 habitants pour une estimation basse à 300 pour une estimation haute ?
Par contre -pardon - en revanche, la une du journal municipal de mai 2016 présente un document remarquable datant de 1716.

Journal municipal de Coulombs de mai 2016 - Site internet de la commune


L'école de Coulombs
Un document recueilli dans les archives de la Fabrique de Coulombs nous apprend que Monsieur Charles Noblin curé de Coulombs a, par son testament en date du 16 avril 1629, pris les dispositions nécessaires pour qu'il soit acheté de ses deniers une maison d'école.
Voici la copie textuelle de ce document : 
Testament de Mr Charles Noblin, curé de Coulombs, par lequel il ordonne : 
1. qu'il soit acheté de ses deniers jusqu'à la somme de deux cent livres pour servir à loger un prêtre qui tiendra les écoles où à son défaut le maître qui les tiendra, à la charge pour eux de faire dire chaque jour par leurs écoliers un de profondis avec l'oraison pour le repos de son âme.
2. qu'il soit livré au prêtre qui tiendra les écoles audit Colombs deux arpents de terre ou environ par lui acquis de  - - - -- - - sur le terroir dudit lieu et circonvoisins sans aucune réserve à la charge qu'il sera tenu de dire tous les dimanches et festes de l'année la première messe à son intention.
.....................
Nous avons trouvé un document nous faisant connaître l'état de l'enseignement de 1730 à 1789.
Au commencement du siècle, l'école était installée dans une maison que l'on voit encore au centre du village. Là, dans une salle basse et exigüe étaient entassés près de 100 enfants des deux sexes.
.................
Ce n'est qu'en 1856 que fut bâtie l'école actuelle.......



Les maîtres d'école de Colombs
La monographie propose une liste des maîtres d'école de 1676 à 1888. 


Extrait de la liste des maîtres d'école - Monographie de Rainsart

Georges Ribert y est noté maître d'école de 1704 à 1728 (année de son décès) alors qu'un marché a été passé entre le curé, les marguillers, les habitants et lui en 1696.


Extrait de la monographie de Rainsart -

Les tâches confiées au maître sont nombreuses ; le temps consacré à l'instruction des enfants est sans doute amputé des nombreuses autres consacrées à ses autres obligations contractuelles. Rien que le balayage hebdomadaire des 500 à 600 mètres carrés de l'église...
Qui balaie la maison d'école ? Sans doute lui également. 

Une rémunération de 52 livres 10 sols ?

Un convertisseur de monnaie évalue 52 livres 10 sols de 1696 à environ 950 euros actuels. 

950 euros à l'année, pas au mois. Un journalier de l'époque pouvait gagner 150 livres à l'année.
Comment faire vivre sa grande famille même s'il est logé et qu'il a conservé la jouissance du terrain de deux arpents (1 hectare environ) du testament du curé en 1629. Souvent les parents devaient verser également une contribution pour rémunérer le maître. Tour cela est variable d'une paroisse à l'autre. Et là, la monographie n'en parle pas.

On peut douter de l'efficacité de l'enseignement donné comme semble le prouver un tableau évaluant  le pourcentage d'illettrés dans la population de Coulombs :

28% chez les hommes et 39% chez les femmes pour la période 1676-1700

27% chez les hommes et 39% chez les femmes pour la période 1821-1840

Piètre résultat !

Quant au second Ribert, maître d'école en 1728, ce n'est pas un de vos aïeuls. Pourrait-il être le fils de Georges mais il n'aurait eu que 15 ans à sa prise de fonction ?


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