lundi 31 décembre 2018

Ciry-Salsogne

Ce village du Soissonnais revient par 3 fois dans l'histoire familiale : Cartier, Fortier et Bleuze.

Cartier. Avec Jean-Denis, Marie-Ève,  Méry, Fanny et Cyril.

Bleuze. Charles (votre sosa 10) intoxiqué par les gaz pendant le premier conflit mondial.
Il est alors adjudant au à la compagnie 6/1 du 9ème régiment du génie depuis le 16 avril 1918.

"Intoxiqué par gaz le 10 août 1918 à Ciry-Salsogne" indique son feuillet dans le registre matricule.

Cette intoxication par les gaz a-t-elle eu lieu le 10 août 1918 ou bien le 8 ; le 10 correspondant à son passage au poste de secours de Serches.

Il était peut-être dans ou à proximité de cette creute entre Ciry et Serches qui saute le 8 août et faisait alors partie des 20 blessés conduits au poste de secours de Serches le 10 août, comme pourrait le laisser penser des informations recueillies sur le site de A. Lebègue.


Voici le récit des opérations sur Serches et Ciry-Salsogne du 6 au 10 août 1918 par A. Lebègue. Votre arrière-grand père l'a échappé belle.

 Mardi 06 août
Le 2e CC Patinier de la 1ère batterie du 25e RAC est blessé, six chevaux tués à l’échelon. Harcèlement réciproque.
A 20h30, une opération appuyée par l'artillerie permet la prise de la gare et de la ferme au nord du village par une section de la 2e Cie du 68e RI et une section du 54e RI. Un blessé. Il est fait un prisonnier, lui-même blessé. Un poste mixte est installé à la gare.
Violents tirs de harcèlement allemands durant la nuit.
Le 3e bataillon du 67e RI a ses lignes avancées à la voie ferrée entre la Demi-Lune et le carrefour nord-est de Vasseny. Une Cie est en soutien sur les pentes à l'est de Salsogne.
La section 6/1 du 9e Génie vient occuper la creute route de Serches.
Mercredi 07 août
Le soir, l'ennemi veut reprendre la gare mais, arrêté par nos feux, il se venge par un tir d'obus à ypérite. Nos reconnaissances au-delà de la voie ferrée reçoivent des feux de mitrailleuses venant de 300m environ au nord-est de la gare et lisière sud du parc du moulin.
Dans la soirée, la 1ère Batterie du 25e RAC quitte St Jean pour le Pavillon.
Jeudi 08 août
Nombreux tirs d’artillerie de harcèlement. Le Cne Clerault remplace le chef d’escadron Capdevieille dans le commandement du groupe d’artillerie.
A 19h00, le Bataillon Decourbe est envoyé au repos à Serches.
A 22h30, la creute route de Serches, occupée par la section 6/1 du 9e Génie et trois sections du 54e RI, saute. Cette creute avait été visitée par des officiers des sections 6/1 et 6/51 et des dispositifs suspects avaient été retirés. Organisation des premiers secours par la 6/51.
-Pertes: -Section 6/1: -2 officiers blessés (Ltt Grandemange et S/Ltt Langroguet)
                                     -15 hommes tués
                                     -32 hommes blessés
                                     -78 hommes disparus
               -54 RI: - 1 officier disparu
                           -61 hommes disparus
Le soldat Charyo André est un des survivants.
Témoignage d'un soldat du 54è RI:
   "La région est à peu près vide de ses habitants; les Allemands ont opéré des destructions et miné ou ypérité les creutes qui pouvaient nous servir d'abris. C'est ainsi que deux jours après notre arrivée, l'église de Ciry-Salsogne saute en même temps que la rue qui la borde. Le 8, une creute occupée par trois sections de la 2è Compagnie et un détachement de la 6è Compagnie du 1er Génie saute et ensevelit une partie de ses occupants (dont le Cne Champlon, adjudant-major du 1er Bataillon)".
Vendredi 09 août
Le 54e RI occupe le front de Sermoise à Salsogne.
2e Bataillon à gauche, 1er à droite et le 3e en réserve dans le ravin de Serches.
Déblaiement de la creute par la 6/51. Visite des creutes, caves et maisons par mesure de précaution.
Plusieurs patrouilles sont faites dans la nuit sur les rives de la Vesle, vers le moulin de Quincampoix et au nord de la gare. Elles reçoivent des coups de feu, des rafales de mitrailleuses et quelques grenades venant des emplacements connus.
Samedi 10 août
Visite des caves du village pour rechercher d'éventuelles mines. La creute est murée.
Dans la nuit du 10 au 11 août 1918, la 11e Cie du 67e RI relève la 5e Cie du 54e RI à Salsogne. Une des patrouilles du 67e RI rencontre un fort groupe ennemi entre la Vesle et la voie ferrée et engage le combat; il y a deux tués.
L'artillerie ennemie est assez active.




Fortier. Denis Alphonse (frère de Lucie Georgette, votre sosa 13) y habitait lorsqu'il est mort pour la France le 16 avril 1917 sur le Chemin des Dames à la ferme du Choléra.


Né à Bonneuil-sur-Oise (Oise), il habitait Villers-Cotterêts en 1899 lors de son inscription sur le registre matricule. Le 12 juin 1907, il est déclaré comme domicilié à Ciry-Salsogne.

Durant le conflit, il a combattu au sein du 267ème Régiment d'Infanterie à compter du 9 décembre 1914 jusqu'à ce qu'il soit tué à l'ennemi le 16 avril 1917, le premier jour de l'offensive Nivelle qui fit 30 000 morts et 100 000 blessés en 10 jours.
Le 16 avril 1917, son régiment subit de lourdes pertes : 5 officiers tués,  20 officiers blessés, 87 hommes de troupe tués, 488 blessés et 91 disparus.

Son nom figure sur sur la plaque commémorative de la mairie, sur celle de la place, sur le monument commémoratif de l'église de Ciry-Salsogne et sur le monument aux Morts de Villers-Cotterêts.

Il a été inhumé au cimetière militaire français de Pontavert dans la sépulture individuelle n° 2664.

Cimetière français
Route départementale D925
02160 PONTAVERT
Coordonnées GPS du cimetière : 3° 48' 34.345" E / 49° 24' 17.939" N


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire